Va te faire augmenter !

Le 16/09/2011
Ce test est contrôlé par Sarif Industries. Si je parle trop, ceci pourrait avoir de lourdes conséquences pour moi ou mes collègues de LinkIRL. Comprenez bien, je suis en réalité un scientifique travaillant pour le compte de David Sarif, grand PDG d’une société de recherches biotechnologiques basée à Détroit. Son but ? Rendre accessible les augmentations humaines pour un grand nombre de personnes. Mais à quel prix ? Tout le monde n’est pas d’accord avec cette idée, nous avons même beaucoup de détracteurs qui veulent nous empêcher de parvenir à notre but. Bon je vous laisse, je dois retourner travailler, je continuerai mon journal plus tard, ils m’attendent. Je ne dois en aucun cas oublier de verrouiller mon ordinateur. Masshepard.
Testé sur Xbox 360 et aussidisponible sur PS3 et PC
Il a pété un câble le rédacteur ? En fait non, mais je dois me remettre de mes émotions et sortir de cet univers Cyber-Punk qui me colle désormais à la peau. Il faut dire qu’il faut du temps avant de clore une aventure aussi riche que Deus Ex. Du temps pour jouer et surtout pour ingurgiter le fait que ce jeu m’a laissé sur les fesses et encore, je reste poli.
Vous vous souvenez certainement du premier épisode qui avait révolutionné le jeu vidéo au début du millénaire. Vous vous souvenez également de sa suite qui était pour le moins décevante. Aujourd’hui, on rase tout et on recommence. Pas la peine donc d’avoir joué aux deux premiers jeux pour comprendre celui-ci. Deus Ex Human Revolution se passe 25 ans avant le premier opus et sert donc de préquel.
C’est quoi donc ce jeu ?

Tu veux ma photo, bouffon ?
Nous sommes en 2027. Dans un monde où les humains sont tiraillés entre le pour et le contre au sujet des augmentations et qui vivent pour la plupart dans la corruption. Vous incarnez Adam Jensen, un trentenaire, ancien flic qui s’est reconverti en tant que chef de la sécurité de Sarif Industries (voir introduction) après une affaire qui a mal tourné.
Tout se passe bien jusqu’au jour où un groupe d’individus s’introduit dans les locaux et commence à tout dézinguer afin de tuer un maximum de scientifiques. Adam est laissé pour mort après un combat qu’il ne pouvait remporter. Tout est mis en Å“uvre pour le faire renaître de ses cendres et il deviendra donc un humain augmenté, dans le genre plus augmenté qu’humain même. Spoiler c’est mal et je ne préfère pas rentrer dans les détails mais dès le début on est en face d’un scénario qui n’a au départ rien de très original mais qui est pour le coup magnifiquement bien orchestré. La suite ne sera que plus belle.
C’est beau ou ça ressemble à du Wet ?
On a installé l’histoire et le contexte, parlons maintenant du jeu dans sa globalité. Si on adhère dès le départ à l’univers, tout se passera bien. Il faut dire ce qui est, le titre offre un level design propre et travaillé. Les effets de lumières sont parfaitement bien retranscris et l’atmosphère générale est étonnante de réalisme. Que ce soit à Détroit, Hengsha ou Montréal, les villes grouillent de monde même si les ¾ des passants sont les mêmes un peu partout… Ce n’est qu’un petit défaut sans réelle importance. Le but étant de s’y croire un maximum et c’est réussi. La modélisation des personnages ne fait pas non plus faux bond au reste même si certains sont mieux réussis que d’autres (NDLR : c’est le moins que l’on puis dire, les seconds couteaux ont parfois un look douteux). Les vidéos sont aussi de qualité même si on peut regretter l’apparition d’un grain un peu trop important à l’image qui fait perdre de l’intensité (NDLR : DivX-Style ! ), on regrette les nombreux trailers qui annonçaient le lancement du jeu.
Il est jouable ton jeu, ou on va balancer notre manette à travers la pièce ?
Parlons jouabilité maintenant. Si l’on retrouve du classique comme le système de couverture, le système de visée, l’apparition de la surbrillance sur les objets importants (que vous pouvez paramétrer d’ailleurs), l’indicateur d’objectifs (aussi paramétrable), ceux qui ont connu Deus Ex il y a 10 ans ne seront pas perdu. Pour les autres, on mélange du Metal Gear, avec un peu de Gears of War et du Mass Effect et on a le résultat final. Du shoot, de l’exploration et de l’infiltration le tout dans des zones ouvertes mais qui ne fait pas perdre le fil de l’histoire. Lors de vos missions, vous pourrez y parvenir avec un nombre incalculable de possibilités tant le nombre d’itinéraires est grand, et les situations variées.
L’avantage de refaire l’histoire également d’une façon différente. Tout se fait de manière naturelle au pad (NDLR : et au clavier, c’est pas mal non plus
) et la façon de jouer ne déboussolera personne. On appréciera aussi le fait de façonner votre personnage de manière différente, selon votre façon de jouer et c’est là où les augmentations sont intéressantes. Si vous choisissez de progresser de manière furtive et donc sans tuer d’ennemis (c’est dur, croyez-moi), vous ne devrez pas choisir n’importe quoi. Pareil si vous décidez de la jouer bourrin ou bien entre les deux. On vous conseille quand même d’augmenter votre piratage dès le début du jeu pour ne pas se retrouver frustré par la suite.
Forcément dans Deus Ex, vous évoluez en fonction de ce que vous faites. À vous de prendre les décisions qui vous paraissent le mieux mais qui ne seront pas sans conséquences sur la suite. On aime aussi cela pour les scènes de dialogues avec certains personnages. Dites-leur ce qu’ils ont envie d’entendre et vous obtiendrez un peu plus d’eux. Faites le contraire et vous aurez le droit à des surprises. Vous l’aurez compris, la jouabilité est large et mélange beaucoup d’éléments intéressants pour ne pas s’ennuyer.

Toi, tu vas souffrir... mais pas longtemps !
Tout est parfait ? Non, disons que l’IA est intéressante de temps en temps. Alors oui, parfois vous en baverez mais parfois, vous trouverez une faille pour l’exploiter. Un exemple, les ennemis ne peuvent aller dans les nombreux conduits d’aération du jeu, planquez-vous dedans et le tour est joué pour échapper aux tirs mais aussi aux recherches au bout d’un certain temps (NDLR : en hard, ils balancent quand même des grenades dedans, ne me remerciez pas de vous avoir sauvé la vie, j’y ai laissé la mienne). Bon vous allez me dire, c’est un jeu hein ! Et je suis bien d’accord avec vous, mais le fait est là . Si on parle des boss, ceux-là sont quand même costauds à vaincre mais eux aussi ont des failles, si vous trouvez la manière, ils n’y aura aucune grosse difficulté. Pensez bien à vos augmentations encore une fois, elles sont précieuses.
Excepté un souci d’audition, c’est agréable à écouter ?
L’univers sonore du jeu est de qualité et c’est indéniable. On a le droit à de beaux thèmes futuristes comme on aime, dont un qui fait curieusement penser à Mass Effect. Les doublages français sont aux rendez-vous et on reconnaîtra certaines voix bien connues des jeux vidéo. On souffre quand même d’un problème durant le jeu, un décalage entre les paroles et les mouvements de la bouche. Rien de grave là aussi, mais on est en droit d’en demander un peu plus de ce côté-là . Les bruitages ambiants sont aussi au rendez-vous.
On en aura pour notre argent ou il se termine en 6 heures ?
Un jeu comme celui-ci qui offre toutes ces possibilités-là , ça doit vouloir dire une durée de vie plus que correcte non ? Eh bien oui, si on prend le temps de bien tout explorer, de faire les missions principales ainsi que les secondaires, de tout lire, de tout pirater… j’en passe, mais vous dépasserez largement les 30 heures.

Ouais je me cache et alors ?
Vous pouvez aussi faire le jeu en suivant la trame principale de manière expéditive pour ensuite vous refaire l’intégralité si vous êtes du genre pressé de savoir la fin. Dans ce cas, divisez le temps total par deux. Si vous êtes fort en calcul, ça ne sera pas bien compliqué n’est-ce pas ?
Deus Ex Human Revolution est donc un jeu qui ne peut laisser indifférent. On aime son univers et donc son background branché, on aime son scénario pour sa richesse et les petits à côté qu’il offre (lire les mails et les journaux, c’est fun), on aime sa jouabilité qui, sans aller dans le très original, a le mérite d’être cohérente, on aime sa bande-son pour sa musique envoûtante et ses dialogues percutants, et pour finir on aime sa durée de vie et les nombreuses possibilités de faire ou refaire l’aventure comme on le souhaite. Jouer à ce jeu est passible de dépendance et vous pourrez délaisser vos femmes, amis et animaux domestiques pendant un moment mais qu’importe, le plaisir est là et il ne se refuse pas. Assez de faire de l’humour, foncez dans votre magasin préféré pour vous procurer un exemplaire (NDLR : Addict Games à Nantes par exemple) et laissez vous bercer par ce pur joyau. Comme disait Kool Shen, « c’est d’la bombe bébé ! ». Merci Eidos et Square !
NOTE GLOBALEÂ : 18/20
Titre : Deus Ex Human Revolution
Sortie le : 26/08/2011
Editeur : Square Enix
Développeur : Eidos Montreal
Genre : FPS / jeu de rôle (PEGI 18)
Dispo sur : Xbox 360 / PS3 / PC
Prix : 69.99 euros – 59.99 euros
Testé sur Xbox 360













