QR Code Business Card
Par Masshepard le

Critique : Kanye West / Jay-Z, Watch the Throne.

Jay-Z et Kanye sont sur un bâteau…

 

Ah! Le moins que l’on puisse dire c’est que ces deux-là sont fait pour s’entendre ! Kanye West l’a bien souvent répété, il considère Jay-Z comme son mentor et son grand frère spirituel. C’est donc tout naturellement que les deux ténors du Hip-Hop US décident de mettre au point un projet en commun pour le bien des fans. La question est maintenant de savoir, est-ce un bon album ou bien tout simplement un bon coup médiatique ?

 

On commence à le connaître le petit Kanye. Monsieur je suis le meilleur, monsieur je sais tout, monsieur je suis le plus riche… bref, on est loin de la modestie. Derrière ce beau discours, il faut reconnaître tout de même une chose, le génie musical de celui-ci.

 

jay-z et kanye sur scène

Laurel et Hardy ... euh, Jay-Z et Kanye

Si j’ai été absolument écoeuré par son album 808s and Heartbreak qui était un hymne à l’Auto-Tune et donc à la médiocrité (Jay-Z a même critiqué ouvertement  l’utilisation à tout va de ce procédé dans le Hip-Hop avec le titre D.O.A sur l’album Blueprint 3), son dernier opus, My Beautiful Dark Twisted Fantasy rentre dans le cadre d’un travail exceptionnel. Le 11 Septembre 2001 sortait The Blueprint de Jay-Z dans lequel collaborait déjà West en tant que producteur et qui le fit connaître auprès du monde entier. 10 ans après, les deux compères sont donc réunis pour nous offrir Watch the Throne.

 

 

Première réaction quand on regarde la pochette : ça claque ! Et pour cause, elle a été réalisée par Riccardo Tisci, le styliste de Givenchy. Première crainte aussi : attention, album de riches. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on le remarque assez facilement à l’écoute des paroles. Il n’est pas rare d’entendre des marques (la pochette devrait mentionner d’ailleurs un petit rond avec p à l’intérieur pour signaler le placement de produits, comme à la télévision), ni d’entendre toutes sortes de choses traitant de la réussite et de la richesse.  Est-ce un mal en soit ? Pas forcément, mais il faut admettre que les textes subissent donc un traitement bling-bling qui n’est pas au goût de tout le monde. Si on arrive à gommer ce mini problème, tout ira bien durant l’écoute.

 

On est en présence ici de pointures à la production : The Neptunes, Q-tip, RZA, Swizz Beatz, Pete Rock et j’en passe. Difficile donc de penser un seul instant que cet album puisse être un échec. Tout est réuni pour en faire un succès commercial et critique. On est en effet pas loin de la vérité. Il faut dire que tout a été préparé en amont. L’album est d’abord sorti sur Itunes, pas de promotion, des journalistes triés sur le volet afin d’écouter les titres, une boutique à New-York rien que pour vendre Watch the Throne. Tout a été fait pour attirer la curiosité générale.

 

Dès le début, nous avons le droit à un très bon No Church in the wild débutant avec une grosse ligne de basse accompagné de samples de James Brown et de Spooky Tooth entre autres, qui offrent un résultat tout à fait cohérent et une bonne introduction avec un Frank Ocean à la hauteur. Lift off rentre un peu plus dans le vif du sujet. Beyoncé est en featuring sur ce morceau et on a le droit à du synthétiseur en guise d’accompagnement avec un rythme plus soutenu. La aussi, ça marche. Niggas in Paris enchaîne avec un Jay-Z en forme qui débute immédiatement avec un flow rapide. La aussi musicalement, rien à redire, il s’agit ici du titre le plus gangsta de l’album et qui pourrait bien vous faire bouger la tête au volant de votre voiture.

 

Jay-Z et Kanye West GQ

On est beau, on fait des signes avec les mains !

Otis est le quatrième titre de l’album et le deuxième single officiellement sortie. Utilisant à merveille la chanson Try a little tenderness d’Otis Redding, on est en présence ici d’un des plus gros points forts de l’album et nos deux rappeurs redonnent vie à ce grand mythe de la soul le temps d’un featuring posthume. Gotta have it donne un peu d’exotisme avec un sample indien utilisé efficacement. La encore, James Brown est omniprésent. New Day procure un enchaînement quasi-parfait où Jay-Z exprime le meilleur de lui-même sur fond de Nina Simone. Sur That’s my bitch c’est cette fois Kanye West qui est le plus en forme. Accompagné d’un sample du morceau Apache (déjà utilisé par les Roots et même par Thierry Ardisson dans ses émissions… eh oui !), les percussions retentissent sur des paroles pourtant un peu fades. Swizz Beatz commence sa collaboration avec le duo sur Welcome to the jungle. C’est en revanche un des titres les moins percutants tellement celui-ci ressemble à du vide. Who gon stop me débute fort avec cette phrase : This is something like the Holocaust, millions of our people lost. Pourtant là aussi, difficile d’être séduit par un titre qui fait très dubstep. Murder to Excellence rassemble deux chansons en une. La première partie est produite par Beatz, la deuxième produite par S1. On a le droit à des envolées vocales de ce cher Kanye qui ne s’en sort pas si mal que ça. Le résultat est séduisant avec le sample de d’Indiggo, La La La qui rentre tout de suite dans la tête. Made in America fait place au retour de Franck Ocean pour un ensemble plutôt calme mais qui parle du rêve américain avec brio. On termine la version classique avec un Why I love you qui reprend l’excellent titre de Cassius, I love U so. Si on ne connaît pas la version originale, ça passe, en revanche si vous êtes un fan du groupe français, vous serez déçu de constater que ce n’est qu’une version en copier coller ou juste les couplets de West et de Jay-Z se greffent. Le résultat n’est pas mauvais mais méritait un peu plus de travail, à la manière d’un Stronger sur Graduation.

 

Pour la version deluxe, vous aurez de quoi prolonger l’expérience avec quatre autres titres qui relèvent un peu le tout avec notamment l’excellent The Joy, produit par Pete Rock et Primetime produit par no I.D.

 

Si on résume le tout, Watch the Throne est un bon album. Néanmoins, on peut regretter le fait que Jay-Z ne soit pas assez présent, musicalement parlant. On reconnaît la patte de West plus que le contraire. Pourtant, l’ensemble propose du concret et du solide. Les textes ne sont pas toujours évolués mais on a la chance d’écouter des perles comme Made in America ou No Church in the Wild ou le fond est aussi important que la forme. On doit aussi reconnaître que ce cher Kanye n’est pas prêt de laisser son ego de côté quand son collègue est plus humble dans le ton. En clair, cet album est à écouté. Il est certainement l’une des sorties les plus marquantes du Hip-Hop de cette année en attendant un certain Detox d’un certain … Dr Dre si tant est qu’il soit bien là avant fin 2011.

 

 

 

Titres :


pochette album watch the throne

 

01 No Church In The Wild f. Frank Ocean
02 Lift Off f. Beyoncé
03 Niggas In Paris
04 Otis f. Otis Redding
05 Gotta Have It
06 New Day
07 That’s My Bitch
08 Who Gon’ Stop Me
09 Murder To Excellence
10 Welcome To The Jungle
11 Made In America f. Frank Ocean
12 Why I Love You f. Mr Hudson
13 Illest Motherfucker Alive *

14 H.A.M *

15 Primetime *

16 The Joy f. Curtis Mayfield *

 

*version deluxe

 

Durée : 46:02 minutes (version standard)

Labels : Rock-A-Fella / Roc Nation / Def Jam

Producteurs :Kanye West, Jay-Z, K. Joshua, Gee Roberson, Q-tip, Pete Rock …

Sortie le 15 Août 2011






Instant publicité : n'en profitez pas pour aller aux toilettes ou manger des chips...


Articles similaires

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>